13 avril 2009

Où en sont nos collectivités limousines avec le développement durable?

Dvpt Durable.jpg"Nous devons être tous très attentifs et nous engager collectivement et individuellement dans une démarche qui doit nous permettre d'avoir une meilleure qualité de vie aujourd'hui, mais aussi pour les générations futures". (Jean-Paul Denanot, Président de la Région Limousin et Député Européen).

Le développement durable peut se définir comme un mode de développement qui "répond aux besoins des générations présentes, en commençant par ceux des plus démunis, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Pour mieux appréhender la notion de développement durable (qui veut à la fois tout et rien dire), l'Etat a défini un cadre de référence. Ce cadre repose sur 5 finalités inhérentes aux principales déclinaisons territoriales:

  • Accès pour tous à une bonne qualité de vie
  • Lutte contre le changement climatique
  • Prévention de la biodiversité, protection des milieux et des ressources naturelles
  • Solidarité entre les hommes, les territoires et les générations
  • Dynamique de développement suivant des modes de consommation et de production responsables

Ainsi de nombreuses collectivités locales ont choisi de mettre en place leur Agenda 21, s'appuyant sur ces 5 finalités. Le terme "Agenda 21" trouve son origine au Sommet de la Terre de Rio au cours duquel, en 1992, 178 pays ont adopté un plan d'actions global: l'AGENDA 21 (appelé aussi Action 21). Cet Agenda 21 regroupe quelques 2500 recommandations vers un développement durable de la planète. Dans son chapitre 28, il insiste sur le rôle des collectivités locales pour mettre en oeuvre ces recommandations à toutes les échelles territoriales (Région, Département, Intercommunalité, Commune).

Le terme "Agenda 21" signifie "ce qu'il faut faire pour le 21ème siècle". En effet, l'Agenda 21 se concrétise par un programme d'actions qui permet à la collectivité d'inscrire son action dans le long terme et dans le développement durable du territoire. Pour les collectivités, la mise en place d'un Agenda 21:

  • est une démarche qui permet de faire évoluer les politiques, les actions et les modes de fonctionnement afin de les inscrire dans les enjeux du développement durable,
  • s'appuie sur un diagnostic participatif et débouche sur un programme d'actions avec des priorités, des moyens et un calendrier définis,
  • est une réflexion associant tous les acteurs locaux (élus, habitants, associations, entreprises, structures déconcentrées de l'Etat...)

En Limousin, bon nombre de collectivités se sont mises au développement durable et élaborent leur Agenda 21, le point sur la situation dans la Région:

  • Agendas 21 en cours d'élaboration: Région Limousin, Département de la Creuse, Département de la Corrèze, Communauté d'Agglomération Limoges Métropole, Communauté de Communes Tulle et Coeur de Corrèze, Ville de Tulle, Communauté d'Agglomération de Brive, Ville de Guéret, Ville d'Isle, Ville d'Ussel, Ville de Saint-Yrieix-la-Perche, Ville de Neuvic...
  • Agendas 21 finalisés: Ville de Limoges, Département de la Haute-Vienne
  • Agenda 21 réalisés dans le cadre du label "Notre village, terre d'avenir": Ayen, Beynat, Donzenac (obtention de la reconnaissance nationale), Beyssenac, Concèze, Saint-Jal, Sarran, Margerides, Saint-Victour, Soursac, Saillac (Agendas 21 de villages en cours de réalisation).

Pour plus d'informations au national:

www.agora21.org
www.ecologie.gouv.fr
www.comite21.org
www.villesdurables-mip.com
www.notre-planete.info/ecologie/devdurable
www.defipourlaterre.org

04 février 2009

Les chiffres du recensement remis en cause à Isle

Recensement.jpgLors du dernier Conseil Municipal à Isle (87), le Maire Gilles Bégout s'est étonné publiquement des chiffres du recensement pour sa commune fournis par l'INSEE Limousin suite à l'enquête effectuée durant l'année 2008.

A la vue de ces résultats, la commune d'Isle (actuellement 3ème ville de Limoges Métropole derrière Limoges et Panazol), aurait perdu pas moins de 241 habitants depuis le dernier recensement de 1999. Chiffres qui surprennent puisque dans le même temps, plus de 550 permis de construire ont été accordé en Mairie, le nombre d'électeurs a augmenté sur les listes électorales et les enfants scolarisés dans les différentes éecoles de la commune ont également connu une hausse. Gilles Bégout a donc fait part de son étonnement au Directeur Régional de l'INSEE qui lui a répondu qu'il ne reviendrait en aucun cas sur les chiffres, qu'aucune nouvelle étude ne serait faites d'ici à 2013 (date du prochain recensement pour Isle) et que lors de l'étude réalisée en 2008, il avait attiré l'attention de l'ancien Maire d'Isle, Marcel Faucher, sur les conditions dont se déroulaient ce recensement. Gilles Bégout a donc promis qu'en 2013 lui même et son équipe seraient très attentifs au déroulement de l'enquête sur le territoire communal.

Isle est la seule ville de l'agglomération a perdre de la population, alors que les autres villes connaissent des augmentations parfois extraordinaires (Panazol dépasse les 10 000 habitants, Couzeix pourrait dépasser les 8 000 et ainsi doubler Isle...). Pour Gilles Bégout ces mauvais chiffres sont désastreux en terme d'image pour la commune à la fois au niveau de l'agglomération mais également au niveau plus régional du Limousin. Il va donc chercher des solutions rapides pour faire (re)venir des populations sur la commune d'Isle.

A y regarder de plus près, même si ces chiffres peuvent surprendre par leur ampleur, la réalité n'est sans doute pas très loin. En effet, les maisons à vendre à Isle sont légion depuis de nombreux mois, mais c'est surtout le prix des terrains qui n'encourage pas les personnes à venir s'installer dans cette commune pourtant idéale pour vivre (avec tous les équipements, la plus proche de Limoges...). Et puis au niveau démographique, il y a beaucoup de personnes âgées (couples sans enfants), de médecins ou personnels médical (proximité du CHU oblige). qui vivent à Isle ou viennent s'y installer. Le défi pour Gilles Bégout et son Conseil Municipal est désormais de construire des quartiers avec des prix abordables pour tous et surtout pour les jeunes couples avec enfants, ce qui assurerait une continuité au niveau des écoles, la commune risquant à tout moment de perdre une classe, voire plus. Un défi qui passera aussi par une refonte totale des espaces de vie à Isle à commencer par le centre-ville qui doit être plus dynamique. Mais de source sûr, les projets sont en cours et veront le jour dans les mois ou les années à venir.

30 janvier 2009

Mission du Conseil Général 87 au Burkina Faso

Radio Bama Pilé.jpgUne délégation d'élus du Conseil Général de la Haute-Vienne s'est rendue ces derniers jours à Bama au Burkina Faso afin d'inaugurer une radio et contrôler sur place comment l’argent de la collectivité est dépensée. Jean Duchambon, Jean-Jacques Dubouchaud, Monique Plazzi, Jean-Claude Fauvet et Jean-Marc Gabouty faisaient parti de la délégation emmenée par Carine Sissakian, directrice de cabinet de Marie-Françoise Pérol-Dumont, la Présidente du CG 87.

Dans les années 1980, le Conseil général a décidé d'initier un projet de coopération décentralisée au Burkina-Faso. Son choix s'est porté, en accord avec les autorités de ce pays, sur le Département de Bama, en vue d'aider à son développement. Dans ce cadre, plusieurs programmes de développement successifs ont été menés avec le soutien du Ministère des affaires étrangères entre 1993 et 2005. Ils ont permis, avec l'assistance d'une ONG, des avancées notables en matière d'éducation, d'alphabétisation, d'accès à l'eau potable, de développement d'activités génératrices de revenus, au bénéfice des populations de ce département.

Une radio est née, grâce en partie à des fonds de la Haute-Vienne et ce, à 4000km de Limoges. Radio Bama Pilé. Bama, c'est le village burkinabé dans lequel s'est rendue la délégation du département pour vérifier que l'aide versée pour le développement de la commune, qui compte 21 villages, était bien utilisée. Développement qui passe forcément par l'information. D'où cette radio destinée à toutes les communautés du village de Bama.

(Photo et infos France Bleu Limousin)

06 janvier 2009

La RN 147 ne passera jamais à 2x2 voies

RN147.JPGEvelyne Ratte, Préfet de la Haute-Vienne et du Limousin, a annoncé hier midi sur les ondes de France Bleu Limousin que l'Etat ne financerai plus rien en ce qui concerne une éventuelle mise à 2x2 voies de la RN 147 qui relie Limoges à Bellac. Madame le Préfet s'est prononcée au nom de l'Etat pour une voie autoroutière concédée entre Limoges et Poitiers, donc une autoroute payante qui relierai l'A20 à l'A10. Le Maire de Bellac, Jean-Michel Doumeix est très attristé par cette annonce et regrette cette décision.

Pour obtenir ce tronçon donc à 2x2 voies entre Limoges et Bellac, il faudra sans aucun doute désormais passer par une entreprise privée qui donc pourrait réaliser une autoroute entre Limoges et Poitiers via Bellac notamment. Projet qui n'est même pas encore à l'état de projet, mais de bruit de couloir. Le dossier est donc bien entendu à suivre de très prêt. Aujourd'hui, Jean-Paul Denanot, Président du Conseil Régional du Limousin ne s'est pas dit opposé à la proposition faites par Mme le Préfet.

Il est de toute façon obligatoire de faire évoluer ce morceau de route nationale qui est aujourd'hui d'une dangerosité non contestable. Les accidents se comptent par dizaines chaque année. Marie-Françoise Pérol Dumont, Présidente du Conseil Génral de la Haute-Vienne, et Jean-Paul Denanot, Président du Conseil Régional du Limousin, s'étaient prononcés largement sur le sujet il y a quelques mois lors de l'inauguration de la déviation de Bellac. On avait alors senti dans les propos d'Evelyne Ratte que ce n'était pas gagné. La preuve en est aujourd'hui.

(Photo: Marie-Françoise Pérol-Dumont, Evelyne Ratte et Jean-Paul Denanot, lors de l'inauguration de la déviation de Bellac).

23 décembre 2008

Pas de fusion entre les cliniques limougeaudes

CliniqueEmailleurs.jpgIls avaient jusqu'à hier soir 18h pour trouver un accord, ça ne fut pas le cas! Il n'y aura donc pas de fusion entre les cliniques du Colombier et des Emailleurs à Limoges. Les dernières négociations ont échoué au grand damne de l'Agence Régionale d'Hospitalisation qui aurait voulu que les deux parties puissent trouver un accord, puisque que  11 millions d'euros de l'Etat étaient en jeu. L'ARH doit maintenant caser ces 11 millions d'euros car elle ne veut pas les perdre. Le CHU de Limoges qui dispose de projets prêts devrait récupérer cette enveloppe.

Pour l'avenir maintenant, la direction de la Clinique Chénieux et certains médecins de celle des Emailleurs se sont prononcés pour une fusion de ces deux cliniques. Mais cela pourrait bien entraîner la disparition de la maternité des Emailleurs qui effectue quand même plus de 1500 accouchements chaque année.

Rappelons que depuis la fin de semaine dernière, de nombreux personnels et médecins anesthésistes des Emailleurs s'étaient mis en grève pour protester contre l'échec de la fusion annoncée depuis plusieurs mois maintenant entre le Colombier et les Emailleurs. Seules les urgences étaient assurées et la maternité avait été réquisitionnée par Mme le Préfet. Le nouveau projet de fusion entre Emailleurs et Chénieux, pas encore officialisé, pourrait faire grand bruit dans le monde de la santé à Limoges.

 

Abandon du projet de Centre Aquatique à Brive

CentreAquatiqueBrive.jpgLa Communauté d'Agglomération de Brive a voté il y a quelques jours à une forte majorité l'abandon de la construction du futur-ex centre nautique de Brive qui devait remplacé l'actuel. C'était l'ancienne équipe alors dirigée par l'UMP Frédéric Soulier qui avait mis au jour ce projet. Mais pour le nouveau Maire de Brive et Président de la CAB, le PS Philippe Nauche il en est tout autre.

15 millions d'euros, tel était le coût de ce centre qui aurait comporté 5 bassins intérieurs, 630 m2 de bassins extérieurs, des toboggans, des jets d'eau, un espace forme et bien entendu des plages. La CAB aurait financé ce projet à hauteur de 70%, l'Etat à 12% et 9% chacun pour la Région Limousin et le Département de la Corrèze. Pour Philippe Nauche, la CAB ne peut pas assurer en l'état actuel des choses un coût aussi élevé, en raison des problèmes financiers. Il affirme même que la CAB n'est même pas en mesure actuellement d'entretenir le bon fonctionnement de tous ses investissements. En échange, plusieurs subventions seront accordées aux 3 piscines de Brive pour leur garantir un fonctionnement convenable.

En Haute-Vienne, deux centres de ce genre devraient prochainement voir le jour. Le premier à Saint-Yrieix-la-Perche et le deuxième à Limoges pour un coût de 45 à 50 millions d'euros.

11 décembre 2008

Le contournement sud de l'agglomération de Limoges fait des mécontents

La voie de contournement sud de l'agglomération de Limoges ne fait pas l'unanimité dans les communes alentours à la capitale limousine. En effet, sous l'impulsion du Maire d'Isle Gilles Bégout, un comité vient de se créer et regroupant les communes d'Isle, Condat, Le Vigen, Solignac et Verneuil. Ces communes s'opposent au tracé retenu par l'Etat et comptent bien se battre pour arriver à faire déplacer l'itinéraire retenu. Les conseils municipaux se sont d'ailleurs tous prononcés à l'unanimité contre le tracé actuel.

En quoi consiste cet aménagement?

VCSAL_2006_03.gifL'opération vise à réaliser un contournement par le sud de l'agglomération de Limoges constitué plus précisemment par une liaison routière entre le prolongement de la R.D. 2000 (déviation d'Aixe-sur-Vienne) et l'autoroute A20 Sud.

Il s'agit d'une route nouvelle, longue de 15km environ, à deux fois deux voies ayant des caractéristiques de route express permettant donc de rouler à 110 km/h. Les échanges y sont nécessairement dénivelés et aucun accès n'est autorisé

En dehors des échangeurs prévus aux extrémités 3 diffuseurs sont prévus: 
o avec la RD 79 (sur ISLE)
o avec la RD 11 (sur CONDAT)
o avec la RD 704 (sur LE VIGEN)

Pourquoi cet aménagement?

perimetre_arrete.jpgLors des études qui ont conduit à l'approbation du schéma directeur de l'agglomération de LIMOGES en 1998 différents scénarios de structuration du réseau routier ont été comparés pour assurer un développement équilibré et un bon fonctionnement des échanges à limoges:
- la réalisation d'une A20 Bis à l'Est ;
- la mise à 2x3 voies de l'A20 dans sa partie urbaine;
- la réalisation du contournement Sud dans la continuité du contournement Nord-Ouest déjà réalisé.

Le Schéma de Maîtrise d'Ouvrage des infrastructures de l'agglomération définissant la répartition des Maîtrises d'Ouvrage et les priorités de réalisation a fait l'objet d'une approbation par Décision Ministérielle le 1er septembre 1999.


Cette décision fixe parmi les priorités pour l'Etat, l'aménagement à 2x2 voies de type route express pour la liaison entre A20 et le prolongement de la RD 2000 d'une voie dite de " Contournement Sud de l'Agglomération de Limoges ".

variante_retenue.gifCette décision vaut également commande d'un dossier d'études préalables de cette infrastructure.

Les objectifs de cette infrastructure sont les suivants:
1-Contribuer à une nouvelle organisation des déplacements dans l'agglomération par un bouclage routier à l'Ouest de l'agglomération de Limoges, permettant notamment une alternative à l'Autoroute A20 et un désengorgement des boulevards urbains.
2-Améliorer la sécurité et le cadre de vie dans le cœur urbain de l'agglomération et permettre une reconquête des boulevards urbains en leur redonnant une vocation de desserte locale.
3-Mailler les zones de développement intercommunal.
4-Améliorer la desserte de l'aéroport de Limoges pour l'ensemble des communes du Sud et de l'Est du département.

 

Ainsi le groupe qui vient de se créer à l'initiative de Gilles Bégout dont la commune d'Isle est particulièrement touchée (coupée en deux selon les dires) va se battre par tous les moyens possibles pour annuler le tracé retenu.

 

12 novembre 2008

Communiqué du MJS 23 sur la LGV Limoges-Poitiers

 

mjs23.jpg

Voici un communiqué du MJS 23 reçu hier concernant la liaison LGV entre Limoges et Poitiers. Les jeunes socialistes creusois s'interrogent à juste titre d'ailleurs sur le fait que la Creuse est un peut la perdante de ce projet. Je vous laisse plutôt lire leurs inquiétudes légitimes:

 

Communiqué de Presse

 

LGV Limoges Poitiers : le MJS s’interroge

 

 

 

Les creusois ont récemment appris par voie de presse que le projet de barreau TGV entre Limoges et Poitiers avait été voté à l'assemblée nationale, dans le cadre du volet transport de la loi dite « Grenelle 1 ». Ce projet de ligne à grande vitesse reliant la gare de Limoges à celle de Poitiers se confirme donc, cela semblant à priori être une bonne nouvelle dans une perspective d’optimisation des liaisons rapides entre notre région et la capitale ou la région Poitou Charente.


Néanmoins ce projet nous semble profondément ambivalent et suscite  chez nous des inquiétudes et de fortes réserves. Loin d’être hostiles à l’idée de rapprocher notre région de grands centres économiques régionaux et nationaux, nous nous posons néanmoins la question de la pertinence d'un tel projet dans le contexte actuel, mais aussi à cause des "effet pervers" qu’il ne manquera pas de provoquer sur notre département rural.

La question du financement du barreau est en elle-même un problème. En effet, la participation des collectivités territoriales à hauteur de 280 Millions d’euros, réclamée par l’Etat pour la validation du projet, nous semble plus qu’excessive, quand on sait que le conseil régional fonctionne avec un budget annuel de 454 millions d'euros. Dans le contexte actuel de crise financière qui annonce une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent, ce qui augmentera les dépenses des collectivités locales sur le plan de la protection des plus démunis, tout en grevant durablement les recettes, nous constatons que le désengagement de l’Etat (qui ne financera les projets de LGV qu’à hauteur de 16 milliards d’ici à 2020) menace plus que jamais la santé économique des régions et des départements. Transfert de charge sans transfert de financement, la rengaine est bien connue.

Dans le même temps il nous semble totalement antithétique de parler de désenclavement de la région Limousin, alors que le désengagement de l'Etat devient patent dans notre département. L’intégration du territoire par les services publics fait partie des priorités historiques de la France d’après guerre, mais cette logique a été mise à mal ces dernières années Inutile de rappeler que 263 élus locaux avaient démissionné de leurs mandats en 2004 pour protester contre la discrimination territoriale, et avaient à l’époque reçu un soutien massif de la population. Dans ces conditions nous nous inquiétons des conséquences que pourrait avoir la mise en place du barreau Limoges Poitiers sur la fréquentation de la ligne historique du POLT, et donc sur la gare de La Souterraine, alors même que celle-ci a montré ces dernières années la pertinence de son développement (100.000 voyageurs en 2000 et 150.000 aujourd'hui...). C’est vers l’abandon de toute une partie des régions Centre et Limousin que nous nous dirigeons, et ce alors même que les spécialistes des transports sont unanimes pour présenter le ferroviaire comme le moyen de locomotion d’avenir, à l’heure des crises énergétique et environnementale.

 


Une contrepartie est naturellement présentée, puisqu’il est question d’améliorer les dessertes locales, et de faciliter les trajets jusqu’à Limoges. Si nous nous réjouissons de la promesse d’améliorer les possibilités de se déplacer en transports en commun au sein de la région, l’effet pervers est évident. Un creusois devra à moyen terme se rendre à Limoges puis à Poitiers pour atteindre enfin Paris tant le maintien des TEOZ nous semble improbable... Où est pour lui le gain de temps? Que dire de la logique environnementale quand la distance à parcourir est augmentée considérablement ? Et ne parlons même pas de la hausse du prix que cela entraînera. Plus de temps, moins pratique, plus cher,... Vive le progrès ! (1)


Inquiets sur les effets pervers que le barreau Limoges Poitiers pourrait provoquer pour notre département, mais néanmoins conscients que les abandons successifs des projets de LGV via le POLT, puis de TGV pendulaire sur la ligne classique POLT incitent la région Limousin à chercher d’autres solutions pour rapprocher sa capitale régionale d’autres centres économiques, nous proposons des pistes de réflexion visant à prévenir le risque d’enclavement accentué de la Creuse.

Nous prônons avant toute chose une modernisation du POLT plutôt que son abandon. Le contexte de crise énergétique, couplée à l’exigence environnementale indique clairement le rôle central que sera appelé à jouer le transport ferroviaire dans les années à venir. Fin de la pertinence des liaisons aériennes intérieures, baisse de compétitivité du transport routier, le rail est la solution d’avenir. Face au risque de sur-fréquentation des lignes, la rénovation d’axes aujourd’hui délaissés est essentielle pour assurer dans les faits le développement ferroviaire. Ainsi, la modernisation de la ligne POLT permettrait à la Creuse d'être idéalement située sur l'axe Paris Toulouse (2). Pour preuve, le développement de la ville de La Souterraine, réussite économique et démographique s’il en est, s'est fait autour de cet axe. Redynamiser le POLT c'est donc offrir à la Creuse des perspectives intéressantes.


Un autre projet pertinent serait le développement de la ligne Est Ouest qui passe par Guéret. En effet l'électrification de la ligne Bordeaux Lyon, couplée à une évolution de son tracé allant au-delà d’un simple changement de rails permettrait de créer un axe transversal rapide, vecteur de développement économique, et donc d’intégration du territoire. La Creuse serait alors au carrefour de deux axes majeurs.


Le Mouvement des Jeunes Socialistes de la Creuse tient à réaffirmer son rejet de la casse du service ferroviaire, vecteur de désenclavement de nos territoires ruraux. La mise en place du barreau Limoges Poitiers, si elle n’est pas accompagnée de mesures fortes (développement du service TER, investissement sur le POLT, aménagement de l’axe Lyon Bordeaux) sera néfaste pour notre département. Nous refusons par ailleurs que les collectivités locales soient mises à contribution à des niveaux qui mettent en péril leur santé économique et limitent leur capacité d’investissement sur d’autres projets. A l’heure des multiples crises que nous connaissons, nous avons la responsabilité d’inventer un nouveau modèle de développement, et c’est bien de solidarité entre les territoires, de développement partagé dont nous avons besoin.

 

 

Notes :

 

(1)

A titre d'exemple:

-La Souterraine Paris en 2h40 pour 43€90 par le POLT,

-La Souterraine Paris en 3h05 pour 79€50 par la LGV

-Guéret Paris via La Souterraine en 3h20 pour 48€

-Guéret Paris via Poitiers en 3h40 pour 82€

(Chiffres de la CGT23)

 

(2) La rénovation des 713 Km de voie coûterait 500 millions d'euros et mettrait Toulouse à moins de 5h de Paris, Brive à moins de 3h20 et La souterraine à 2h10.

 

 

Contacts :

 

 

Mail : mjscreuse@gmail.com